VU DU KOP : «LE VÉRITABLE RÊVE, C’EST DE CONTINUER À RÊVER ! »
VU DU KOP : «LE VÉRITABLE RÊVE, C’EST DE CONTINUER À RÊVER ! »
Korentin Luy est devenu un “jeune ancien” au sein du HLHB. A 25 ans, il fait partie des historiques de l’équipe de N1. Un destin auquel il a toujours rêvé et qui perdure encore aujourd’hui.
La saison 2025-2026 a rendu son verdict, et ce millésime est un bon cru pour le Hennebont-Lochrist handball avec une cinquième place au classement. Cela n’empêche pas « Koko » d’évaluer sa propre performance.
« Je la juge compliquée, parce que la mise en route a été difficile. Mais au fil du temps, je peux, avec l’aide de mes coéquipiers, me reconnecter aux entraînements et aux matchs. Ensuite tout s’enchaîne, la confiance et le plaisir reviennent, les résultats aussi. La finalité et la récompense, c’est de jouer ce dernier match à Saint-Ouen, de le gagner, et d’atteindre nos objectifs. Globalement c’est une bonne saison. Sur un plan personnel, à améliorer, si je peux dire. »
On pourrait croire qu’avec le temps et l’expérience, les défaites ou les contreperformances se gèrent avec le recul nécessaire. Mais à regarder attentivement le visage du numéro 99 lorsque le score est défavorable, il n’en est rien.
« Je pense que j’ai toujours été très déçu, et attristé des défaites, alors peut-être que ça se voyait moins avant, que j’arrivais plus à intérioriser. Aujourd’hui, je ne sais pas, ma carapace s’est affaiblie, et ça se voit beaucoup plus. Mais oui, cette année, il y a eu beaucoup de défaites qui m’ont pas mal déplu, parce que ce sont des matchs que l’on doit gagner car notre niveau d’équipe est élevé. Mais je n’ai pas été très qualitatif sur certaines rencontres, et je suis surtout déçu de moi avant d’être déçu du groupe, ou du match. »
Les résultats ont aussi une influence sur la vie privée et peuvent transformer le dimanche en un jour pas aussi « saint » qu’il ne le devrait.
« Si, par exemple, le match est le samedi soir, tout le week-end je vais y penser encore et encore, refaire les actions négatives comme positives dans la tête, quand on n’a pas été bon, faire la gueule. Le dimanche soir, quand la rencontre est disponible en vidéo, je vais la re-regarder. Je suis plutôt ronchon, et l’ambiance à la maison s’en ressent. Mais par contre, quand il y a victoire et que j’estime avoir été correct sur le terrain, là, je ne pense plus au handball. Je coupe totalement. »
Et pourtant jouer au HLHB a de quoi donner le sourire et l’apaisement nécessaire. Le rêve bleu offre mille et une opportunités, comme celui de jouer avec ses idoles.
« « J’ai débuté en moins de 18 nationaux. Quand j’avais 17 ans, je voyais Steven Cutté, Damien Roperch, des joueurs que j’admirais, je voulais jouer avec eux, et faire partie de leur équipe, passer du temps avec eux. J’ai espéré pouvoir faire la montée, mais je n’ai pas eu la chance d’être présent quand ils l’ont fait. Finalement je les ai retrouvés lors de la première saison du club en Nationale 1 en 2022.»
Quatre ans après l’avoir redécouvert, le chaudron version N1 est toujours aussi impressionnant. On sait ce qui va arriver en termes d’ambiance, mais le plaisir reste inchangé.
«Je n’anticipe pas les choses. Je les laisse venir et je profite du moment directement. Il y a de plus en plus de monde, on revoit les mêmes visages, ce sentiment familial et je trouve cela absolument génial. Le bonheur d’être devant le public est grandissant. Que ce soit le Kop, les partenaires, les vestes bleues, tout le monde avance ensemble et c’est vraiment cool. On ne peut pas espérer mieux. »
Dans le vestiaire, Korentin fait partie des cadres, portant avec lui l’héritage du club. Un statut utile lors du lancement de saison avec les nouveaux arrivants.
“Je suis moins timide qu’au début mais je ne parle pas forcément plus que ça dans le vestiaire. Après, je m’exprime plus sur les moments de cohésion avec l’équipe. Je participe à l’intégration des joueurs en faisant les choses naturellement. Et j’aime bien le faire. On accueille tout le monde avec grand plaisir. Depuis le retour en N1, l’intégration est rapide, d’autant que pour la prochaine reprise entre anciens et nouveaux, on se connait déjà de près ou de loin.”
Cette transition aura lieu à Kerlano. Un gymnase scolaire parfois trop petit lors des grands rendez-vous. Mais un endroit à part.
“C’est une salle qui rapproche énormément les gens, je pense. Elle fait partie du club. Si on peut un jour en avoir une autre, c’est très bien. Mais celle-ci est lavée tous les week-ends, on a un sol qui est propre, et surtout c’est notre terrain. C’est très encourageant, je pense, pour le handball, d’avoir des clubs avec des petits moyens qui obtiennent des performances régulières comme le HLHB.”
Clôturer une saison, c’est aussi piocher dans la boite à souvenirs pour ressortir les instants marquants.
“Je retiens tous nos rituels, notre clapping d’après-match et notre danse de la victoire avec les jeunes du Kop. Je pense que ce sont ces moments-là que je vais conserver et qui vont me motiver pour la saison prochaine.”
Un article signé : Hubert Denoyer, membre du KOP BLEU.