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VU DE L’EXTERIEUR : La priorité, c’est le développement du joueur

VU DE L’EXTERIEUR : La priorité, c’est le développement du joueur

Promu en N1 et battu à Limoges pour la première journée, le centre de formation de l’US Dunkerque a rebondi en s’imposant à Hennebont-Lochrist pour son deuxième long déplacement en Bretagne. Les objectifs restent inchangés : apprendre et progresser. Entretien avec son entraîneur, Clément Bonin.

Le chemin parcouru

En sport, on pense toujours à demain, mais le chemin parcouru compte aussi. Celui des jeunes Nordistes a été tout simplement remarquable la saison dernière, avec 18 victoires en 20 rencontres et 681 buts inscrits.

C’était une très belle saison. Pas parfaite, parce qu’il y a eu des accrocs, et il y en a toujours. Mais on a gagné plus de matchs qu’on en a perdus. Il semblerait que cette année, ce soit plutôt l’effet inverse, parce qu’on est promu et que l’on découvre. Parfois, on se protège un peu en disant qu’on monte et que l’on vise le maintien. Et évidemment, on regarde plus haut. Nous, les coachs, on est prudents, mais les joueurs, entre eux, aimeraient bien accrocher la première partie de tableau. Ce n’est pas chose aisée. Il va falloir apprendre à perdre, et ce n’est pas simple, encore plus pour des jeunes. »

La progression avant tout

Au-delà des résultats et des aléas de la compétition, la progression des joueurs demeure l’objectif majeur.

« La formation, ce n’est pas forcément les résultats sportifs comme on pourrait l’entendre avec l’obligation de l’emporter le week-end. La priorité n’est pas là. On apprend mieux en gagnant, et c’est bien plus plaisant. Mais il n’y a pas que ça : le développement individuel du joueur, de l’homme aussi. La défaite fait partie de cet apprentissage.  On aimerait bien, nous aussi, gagner tout le temps, mais ça ne se passe pas toujours comme ça. La semaine, parfois, c’est compliqué de travailler. On n’a pas constamment l’effectif que l’on souhaiterait, avec des blessés, des études à gérer ou des éléments retenus avec les pros. C’est notre quotidien. Les semaines ne se ressemblent pas. »

Le niveau s'est resserré

D’autant que l’écart entre les équipes dites “normales” et les centres de formation s’est réduit. Tous les clubs se sont professionnalisés.

« Je trouve que c’est une bonne chose. Ce n’est plus les centres de formation qui sont au-dessus de tout le monde et le reste en dessous. C’est vrai qu’il y a quelques années, c’était un peu comme ça, parce que les centres sont forcément adossés au club professionnel, donc ils possèdent une structure et un staff qui leur permettent de faire des choses supplémentaires. Mais maintenant, même en N1 et en N2, les clubs ambitieux sont staffés, peut-être pas
structurés comme les formations pros, mais ils disposent de préparateurs physiques et d’analystes vidéo. »

Cap sur la N1

Les Nordistes débarquent dans un championnat plus relevé où tous les repères sont à reconstruire.

« L’année dernière, on pouvait se permettre d’être un peu moins bon et on savait que l’on allait dominer physiquement, parce que nous, on s’entraîne beaucoup, on est affûtés. Cette année, ce ne sera plus la même. On devra être nettement plus précis dans notre handball, car sur le plan athlétique, on ne va plus surclasser tout le monde. Avant, même quand on était encore derrière à la 35e, 40e, on se disait que ça allait le faire et qu’à la fin, ils allaient lâcher. Maintenant, au niveau où l’on est, ce n’est plus forcément le cas. Donc c’est nivelé, et tant mieux pour le handball. »

Direction Limoges

Premier gros déplacement de la saison pour la formation nordiste : 700 kms et 8 heures de trajet. Une nouvelle réalité en N1.

« C’est un long périple de traverser une bonne partie de la France comme ça en bus, où l’on ne se déplace pas la veille : on y va le jour même, on joue le soir et on revient dans la foulée. Comme les autres équipes, on a des garçons qui font des études, il y en a quelques- uns qui travaillent, donc ça leur permet de rentrer plus vite chez eux et de pouvoir récupérer. » Sur le match [défaite 34-23], il y a eu des bonnes choses, et on a quand même réussi à produire une belle entame. Clairement, dans le contenu, ce n’est pas ce que l’on imaginait, ce n’était pas ce que l’on avait envisagé, même si la préparation était un peu compliquée, avec la semaine de rentrée scolaire. On n’avait pas accès à notre salle non plus depuis le mercredi soir, parce qu’il y avait un événement. C’est pour ça que l’on a inversé la rencontre avec Limoges. À la base, elle était prévue chez nous. Ces circonstances-là, malheureusement, on les rencontre tous les ans pour les centres de formation, la semaine de rentrée scolaire n’étant pas évidente à gérer. Et en plus, derrière un long trajet, ce n’étaient pas les meilleures conditions pour aller défier une belle formation de Limoges, qui est montée elle aussi la saison dernière, mais possède des éléments un peu plus aguerris et davantage âgés que les nôtres. »

Enchaînement en Bretagne

À peine revenu de Nouvelle-Aquitaine, il a fallu repartir en Bretagne, du côté d’Hennebont-Lochrist.

« Ce niveau de N1, c’est aussi ça, c’est apprendre à gérer les déplacements, parce que, finalement, on est dans un échelon intermédiaire où des clubs n’ont pas forcément les moyens de partir la veille, de dormir à l’hôtel ou de prendre le train pour avoir un temps de récup avant la partie. Avant, en N2, on prenait le bus, on allait à Paris, on avait trois heures et demie de trajet, c’était plus simple dans la logistique. Là, maintenant, ce n’est pas évident de gérer ces longs voyages. »

La première en Bretagne

Après la défaite à Limoges, les Dunkerquois ont rebondi en Bretagne en s’imposant 27-26 face à Hennebont-Lochrist.

« C’était un match piège à gérer, mais on est vraiment contents. On a tenu malgré leur retour au score à la mi-temps, où ils ont repris confiance. Sur le second acte, tout a été très accroché, mais les garçons n’ont rien lâché, chapeau à eux. »

Une ambiance chaude à Hennebont

Comme annoncé, le match à Hennebont s’est joué dans une atmosphère passionnée.

« On nous avait prévenus que l’ambiance serait bouillante ici. J’avais dit au groupe qu’il y aurait des moments difficiles et qu’il ne fallait pas les laisser s’enflammer, et en effet, quand c’est comme ça, leur équipe est boostée, ça peut aussi mettre un peu la pression sur les arbitres, et nous, on a des jeunes joueurs. Mais finalement, on s’est sortis d’un drôle de piège. »

Le retour en car

Gagner permet d’alléger la longueur du trajet retour en terre dunkerquoise.

« Ouais, c’est sûr, ça sera une meilleure ambiance dans le car. Après, la semaine dernière, on n’était pas non plus à se morfondre, on sait qu’une saison, c’est long, c’est des jeunes, donc parfois c’est comme ça, c’est un peu les montagnes russes, mais le but, c’est que dans ces hauts et bas, il n’y ait pas trop de descente. »

La finalité : former pour la Starligue

Mais au-delà du classement et des statistiques, l’objectif reste de former des athlètes performants en capacité d’intégrer l’équipe professionnelle.

« Il n’y a pas d’ambition spéciale, notre direction ne nous a pas donné de classement à atteindre. On souhaite déjà avoir le moins de blessés possible, que chacun trouve sa place et évolue. Que l’on ait des gars qui pointent le nez en première division, parce que c’est ça aussi le but du centre de formation, que nos joueurs puissent aider les pros, pas seulement dépanner. C’est ce qui nous rend le plus heureux. »

Un article signé : Hubert Denoyer, membre du KOP BLEU.

Crédit photos : Clément Le Calvé

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