Dans quelques jours, Kylian Ferrier, repart en mission dans le chaudron. Une rentrée qui lui fera peut-être relire la fiche du poste du Gardien de but : « Empêcher le ballon de franchir la ligne. ». Une mission solitaire, qui demande une part d’inconscience.
C’est avec une double casquette qu’Alexis Huaulme parle de L’Union Sud Mayenne. Entraîneur adjoint de l’équipe première, et directeur du développement, son analyse est précieuse. Alors au moment de décrire la saison dernière, les mots sont justes.
“C’était bien, mais on manque le coche, c’est le bilan qu’on en fait. Parce que, pour rappel, les objectifs de la saison dernière n’étaient pas forcément d’aller jouer une montée en N1 Fédérale, les objectifs fixés sportivement, étaient de figurer dans les six premières équipes du championnat. On manque le coche, dans le sens où on tient une potentielle montée jusqu’au match retour à Poitiers, où on mène de deux buts à 25 secondes de la fin, et finalement on perd la rencontre d’un but par manque d’expérience, et on laisse filer l’accession sur ce match-là. Parce qu’à la suite de cette confrontation, c’est forcément plus difficile. On alterne le très bon, ce qui a été notre cas contre Hennebont à la maison, et à d’autres moments, on est dans le très mauvais, comme contre Gonfreville.”
Un épilogue 2025-2026 qui n’a pas influencé le choix des recrues ni même celui du nouvel entraîneur, Laurent Sorin, mais qui lance une nouvelle base de travail.
« L’entraîneur et les deux joueurs qui arrivent dans le projet ont été validés avant. Donc cette fin de saison est à prendre comme une vraie expérience à travailler avec le collectif. Je suis convaincu que les choses viennent quand elles doivent arriver. Donc, si on ne monte pas la saison dernière, c’est que concrètement on ne devait pas monter, et parce que, sans doute, on n’avait pas suffisamment de qualités pour pouvoir le faire. Donc, à charge d’accompagner les joueurs et les staffs pour faire en sorte qu’on puisse être plus mature et plus serein. Maintenant qu’on a fini deuxième, si on essaye de faire mieux, et bien l’enjeu, c’est de finir premier. »
Une ambition cohérente confortée par la livraison de l’Arena à Château-Gontier, un nouveau complexe sportif parfaitement adapté pour le handball de haut niveau.
« Le club œuvre sportivement à faire en sorte qu’on ait une équipe qui ait une philosophie d’aller vers ce niveau supérieur, mais il faut aussi un club autour qui soit structuré pour aller vers ce palier. Donc on travaille dans les deux aspects. On a un équipement qui nous a été livré, avec trois terrains, une salle de musculation, et une piste d’athlétisme. On a tout pour pouvoir performer. »
Un outil d’exception à l’heure où beaucoup de municipalités, et de départements révisent leurs subventions à la baisse.
« Chez nous, ce n’est pas le contexte, pour être très honnête. On a un accompagnement financier de la part de notre collectivité locale, de notre ville et du département, qui ne sont pas des soutiens financiers comme on peut les connaître ailleurs. Par contre, on a la chance d’avoir des engagements politiques très forts, notamment sur les équipements. Le fait d’avoir l’Arena, nous permet de faire de la recette additionnelle que plein d’autres clubs ne peuvent pas se permettre. On peut remplir une salle à plus de 1000 personnes à chaque rencontre à domicile, parce qu’on a la chance d’avoir un public qui est fervent défenseur des valeurs du sport. On a vraiment pris le problème à l’envers, parce qu’on pense que c’est cette stratégie qu’il faut adopter. Il est nécessaire d’avoir l’aide de structures privées, la plus répartie possible, parce qu’on sait très bien que des apports financiers uniques, le jour où ça s’arrête, ça peut mettre en péril la structure. On a 40 % de nos recettes qui sont internes par la billetterie, sur des séjours, et nos centres de loisirs. »
Tout est donc prêt pour le coup d’envoi contre Hennebont, avec toutes les incertitudes d’un début de championnat.
« On est à la fin d’une préparation, les équipes arrivent différentes les unes des autres, parce qu’on a fait des choix de temps, de travail, de matchs. Hennebont a joué une N1 Fédérale en Coupe de France le week-end dernier, là où nous, on a joué une nationale 3, donc on arrive sur le premier match avec un vécu qui est assez court, mais qui n’est pas le même. Le tout dans un contexte de nouvelle salle qu’on apprivoise, qu’on découvre, face à un adversaire qui sera dans les premières places du championnat. »
Un très beau spectacle en perspective.
« Je suis très attaché à ce que les gens vivent un bon moment autour du handball. Je sais que ce week-end, on va avoir un beau match, parce qu’on a deux équipes ambitieuses. »
Un article signé : Hubert Denoyer, membre du KOP BLEU.