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[VDK] Gwenaël MOCART : « passionnément bleu »

[VDK] Gwenaël MOCART : « passionnément bleu »

Entre partenariats privés, confiance à toute épreuve et développement des infrastructures, Guena Mocart, maillot bleu chevillé au corps, raconte son Hennebont Lochrist Handball (HLHB), un club qui avance, séduit et voit grand.

Trente-huit saisons de handball au compteur, et Guena garde le même enthousiasme. Tout a commencé par le football, au collège, où ses deux entraîneurs, également professeurs de sport, ont vu ses capacités et l’ont motivé à changer de ballon. « Et c’est comme ça que j’ai signé au handball. » C’était à la Garde du Vœu d’Hennebont, l’un des trois clubs dont la fusion a donné naissance au HLHB.

Le pari du privé

Après des années sur le terrain, Guena a changé de rôle. Maxime Le Pallec, aujourd’hui président, lui a demandé d’aider la cellule commerciale, chargée de convaincre les entreprises de devenir partenaires. Tous deux continuent d’y travailler, mais c’est désormais Manon Maillard, salariée du club, qui la dirige.

Miser sur les entreprises

Le HLHB a fait un choix clair pour se développer : s’appuyer d’abord sur les entreprises. « Les subventions publiques sont en berne. Il y a des coupes budgétaires dans tous les sens. Avec Maxime, on a compris déjà depuis longtemps, avant les autres je pense, qu’il fallait privilégier le partenariat privé », précise-t-il. Ce virage a été anticipé il y a deux à trois ans. Le contexte reste délicat : « Aujourd’hui, c’est un peu plus compliqué, parce qu’avec tout ce qui se passe, certaines entreprises sont en difficulté. »

Unis pour convaincre

Pour y faire face, le club compte sur son atout principal : « L’équipe commerciale qui ne fait qu’un. » Autour de Manon, Maxime et Guena, sept autres personnes complètent le groupe, soit dix en tout. « On est hyper soudés, chacun a son réseau, dans des domaines différents. » Pour lui, tout repose sur le collectif : « C’est vraiment l’équipe qui fait la différence. Chacun amène sa pierre à l’édifice. » Les semaines sont rythmées par des réunions, avec les entreprises déjà fidèles pour entretenir l’activité, mais aussi avec des prospects sollicités pour s’engager à leur tour.

Un modèle envié

Ce fonctionnement intrigue. En discutant avec les clubs alentour, Guena s’entend dire : « Mais c’est quoi le secret ? » Quand il détaille la méthode à ses interlocuteurs, ces derniers sont admiratifs devant les moyens déployés.

Une prospection qui paie

Pour décrocher de nouveaux partenaires, Guena et Manon travaillent en tandem. « On fait souvent des rendez-vous ensemble, parce qu’on est complémentaires », explique-t-il. Les résultats suivent : « On a encore une trentaine de prospects qui vont finaliser, ou sont en passe de le faire. » Il y a aussi les « fameuses soirées VIP » du HLHB. La dernière, fin septembre au Haras national d’Hennebont, a réuni 240 convives, dont une vingtaine de nouveaux contacts invités. « Les gens hallucinent du niveau de prestation du club. »

Une saison abordée avec sérénité

Sur le plan sportif, le début de championnat est difficile : deux victoires pour trois défaites. Pourtant, Guena garde le cap, et ce n’est pas un hasard : c’est un trait de caractère. « Ce n’est pas en faisant la gueule qu’on va avancer. » Et auprès des joueurs, le message passe par l’exemple : « Si nous, on n’est pas optimiste devant nos joueurs, comment voulez-vous qu’eux le soient ? J’adore  leur montrer qu’on a confiance en eux. »

Alors, l’inquiétude ? « Honnêtement, je suis très serein. On a quand même eu jusqu’à quatre blessés, et pas des moindres, très récemment. » Selon lui, certains matchs étaient à portée, à commencer par celui de Dunkerque, perdu : « On devait le gagner, même en étant diminué. »

Des signes encourageants

La victoire contre le CPB Rennes l’a conforté : « S’il n’y a pas un grand gardien  dans les buts en face, on plie le match largement avant. » Le match face à Limoges aussi, malgré la défaite et « un petit trou d’air de cinq à six minutes ». « Ça fait au moins deux ans que je n’ai pas vu une telle qualité de handball à Kerlano. »

Le casse-tête de la salle

Reste le chantier des infrastructures, à commencer par la salle de Kerlano, qui pénalise moins le jeu que le confort du public et des partenaires. « C’est un frein pour le développement du club. C’est pour ça qu’on se bat depuis des mois et des mois pour avoir une nouvelle salle, on a besoin de cet outil. » Le projet d’un nouvel équipement, lui, ne verra pas le jour : le changement de municipalité en a scellé le sort. « Le projet, il est clairement abandonné. » Des pistes existent, comme recourir à un autre site ou améliorer l’existant. « On réfléchit, il y a pas mal d’idées sur la table. » Mais Guena ne cache pas que la tâche sera rude.

Un sol à bout de souffle

L’urgence, c’est le sol, « mort, de chez mort ». Chaque week-end, un déshumidificateur tente de l’assécher, mais le revêtement est devenu dangereux : il y a quelques jours, à l’entraînement, le gardien Willem Peters-Jan s’est fait une entorse au genou après avoir glissé.

Un Kop galvanisé par les supporters du FCL

La vérité d’un club, c’est aussi ses tribunes. Face à Limoges, Kerlano a vibré comme on ne l’avait pas vu depuis un bon moment, au point de surprendre les joueurs adverses. « Le Kop, c’était juste énorme. » « On a retrouvé notre chaudron. » Les supporters lorientais du Kop Norzh des Merlus y ont leur part : ils apportent une dynamique qui entraîne tout le public. « Dès qu’ils peuvent, il faut qu’ils viennent », insiste-t-il, tant leur présence est un atout supplémentaire pour l’ambiance. Les jeunes du club aussi se laissent gagner : « Ils sont motivés, et puis ils suivent. » Autant de raisons de regarder la suite du parcours avec confiance.

Un article signé : Hubert Denoyer, membre du KOP BLEU.

Crédit photos : Clément Le Calvé

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