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[VDK] Antoine Le Berre : « J’avais besoin de me mettre en danger »

[VDK] Antoine Le Berre : « J’avais besoin de me mettre en danger »

Sept saisons en vert, dix ans à Rennes, puis le grand saut. À 27 ans, Antoine Le Berre a quitté le CPB pour rejoindre Hennebont Lochrist. Un choix mûri, entre envie de changement, besoin de se relancer et ambition de découvrir le haut de tableau de Nationale 1. Il se confie.

Un vrai tournant de carrière

Après une décennie dans la capitale bretonne, l’emblématique arrière droit du CPB a décidé d’ouvrir un nouveau chapitre.

« Sur le plan perso, pro et sportif, j’avais envie de repartir sur autre chose, de retrouver un second souffle. Je commençais à avoir le sentiment d’avoir fait le tour. J’arrivais au bout, il me fallait un nouveau cap pour avancer. 

Je devais sortir de ma zone de confort, me challenger à nouveau. À 27 ans, c’est le bon moment. Le Cercle Paul Bert connaissait beaucoup de départs, l’effectif allait être renouvelé. Voir des copains avec qui je jouais depuis des années s’arrêter, ça a forcément pesé. Quand tout s’aligne pour partir, il faut saisir l’opportunité. »

Hennebont-Lochrist, une évidence

L’opportunité du HLHB est arrivée à point nommé, au cœur d’une réflexion personnelle et familiale. L’opportunité du HLHB est arrivée à point nommé, au cœur d’une réflexion personnelle et familiale.

« J’ai commencé à envisager un départ à la mi-saison et j’en ai discuté avec Yohann Moniez, un ami de longue date. Depuis quelque temps, il me parlait du projet d’Hennebont Lochrist et il était persuadé que je pourrais m’y épanouir. 

Quand le contact s’est fait avec Mathieu Hurtaud (Co-entraîneur), je n’ai pas mis longtemps à me décider. C’était un choix réfléchi, je m’y préparais mentalement depuis un moment et mes proches, ma compagne, m’ont soutenu à 100 %. »

L'émotion du départ

Une fois la décision prise, il a fallu quitter un environnement chargé d’émotions.

« Tout est compliqué. Rennes, le CPB, Géniaux, c’était chez moi. J’y ai laissé ma famille, mes amis, mes repères. Le cœur est lourd quand tu dis au revoir. C’est une magnifique page qui se tourne, autant sur le plan humain que sportif, dans un club qui m’a tout apporté. 

Les bénévoles ont une place à part pour moi. Ils sont la colonne vertébrale, le poumon de ce club. Sans eux, on ne serait pas sur le terrain le samedi. »

Cap sur 2026-2027

Puis il y a eu la reprise avec les Bleus. La bascule dans un univers totalement différent.

« Il y a forcément un peu d’appréhension, c’est normal. Mais je n’arrive pas en terrain inconnu, je viens jouer à Kerlano depuis que je suis gamin. Les gars m’ont accueilli les bras ouverts, l’adaptation a été rapide. Il n’y a que des bons mecs dans ce groupe. En quelques semaines, les liens sont déjà très forts et on partage beaucoup, au-delà du terrain. »

Nouveau maillot, même exigence

Arriver dans une autre équipe, c’est aussi découvrir un autre projet de jeu et se fixer d’autres objectifs.

« La manière de travailler n’a rien à voir. C’est une approche managériale, physique et tactique totalement différente. Au début, c’est exigeant car, au-delà de la difficulté d’une préparation estivale, il faut assimiler d’autres automatismes. 

Cela demande beaucoup de concentration, d’exigence et de rigueur. Je lie toujours mes objectifs à ceux du collectif. Je veux apporter au maximum mes qualités et mon expérience de la N1 à ce groupe. Si j’ai quitté Rennes, c’est aussi pour aller chercher ce haut de tableau, et je suis convaincu que cet effectif a le potentiel pour y parvenir. »

Une entame idéale en Coupe

La reprise de la compétition s’est conclue par une qualification en Coupe de France contre Lanester (29-26).

« Nous étions convaincus qu’on pouvait faire un gros coup à la maison. On ne s’est pas reposés sur le succès en amical, car on savait que le match amènerait un état d’esprit totalement différent pour Lanester, qui avait à cœur de prouver qu’elle évoluait un échelon au-dessus. 

Nous avons abordé la rencontre avec humilité mais aussi avec beaucoup d’ambition. Le derby rajoute ce petit piquant. La préparation a été rigoureuse, et notre détermination le jour J nous a permis de l’emporter. Un vrai bonheur avec un scénario made in Coupe de France. »

Le petit bémol

Une qualification obtenue à l’issue d’une séance de jets de sept mètres. Un scénario évitable, car Hennebont Lochrist menait au score à quelques minutes du terme.

« Directement après le match, c’est le point noir qui a été évoqué. On a beaucoup échangé pour que cette situation ne se reproduise plus. Face à des joueurs de cette qualité, cinq minutes d’inattention suffisent pour perdre le fil. 

Nous devons apprendre à tuer un match pour ne pas nous mettre en difficulté dans le money-time. »

Un premier match de championnat à oublier.

La saison de N1 a démarré samedi dernier contre Mayenne. Une défaite nette 34-26, dans un match à sens unique.

« Globalement, le résultat est logique. Nous avons été dominés des deux côtés du terrain et, malgré un retour à -3 en deuxième mi-temps, nous ne sommes jamais parvenus à inverser la tendance. En attaque, on a été sur courant alternatif. Je nous ai trouvés plutôt performants sur jeu rapide, où nous les avons mis en difficulté. Mais sur jeu placé, nous n’avons pas assez de continuité, la balle ne vivait pas assez et ça manquait de fluidité. C’est dommage, car le peu de séquences où nous les avons déplacés, ils ont été en difficulté. 


Le problème principal a été défensif. Face à une équipe de ce profil, avec notamment beaucoup de joueurs de duel, nous devons être très compacts et solidaires pour fermer les espaces et aider le partenaire proche. Et ce n’est pas du tout ce qu’on a fait, donc on se fait punir à 6 mètres derrière et on ne protège pas nos gardiens. »

Et maintenant, Dunkerque

Dans quelques jours, l’équipe nordiste arrive dans le Chaudron. Une rencontre où le Kop Bleu sera un allié précieux.

« C’est magnifique ! Et c’est aussi ce qui m’a convaincu de rejoindre le HLHB. Voir cet engouement, ce soutien, cet amour que l’on reçoit, c’est très valorisant. Sur le terrain, le KOP nous apporte ce supplément d’âme, cette énergie qui nous pousse à donner tout ce qu’on a. Hennebont Lochrist fait partie des meilleures ambiances de N1 et, même en tant qu’adversaire, on adore ça ! »

Faire le vide pour performer

Au-delà du bruit et de la furia, il y a aussi la concentration. Une habitude pour se recentrer sur l’essentiel et faire le vide avant le coup d’envoi.

« À l’arrivée à la salle, je suis plutôt décontracté, j’aime échanger avec les bénévoles, rire avec mes coéquipiers. Mais dès que mon protocole d’échauffement commence, je me coupe de l’extérieur. J’aime être dans ma bulle, je visualise beaucoup avant les matchs. Je me focalise sur l’activation du corps et sur mes gammes techniques. »

Un article signé : Hubert Denoyer, membre du KOP BLEU.

Crédit photos : Clément Le Calvé

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